AFRIQUE: Suivi des oiseaux migrateurs pour comprendre le H5N1.

Publié le par ryback

Pour mieux connaître les routes des oiseaux migrateurs en Afrique et mieux comprendre le rôle de ces oiseaux sauvages dans la dissémination du virus H5N1, une équipe de chercheurs français a commencé une campagne de suivi des oiseaux par satellite.

Lorsque le virus H5N1 a quitté l’Asie pour gagner l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, des regards accusateurs se sont tournés vers les oiseaux migrateurs.

Ce fut  l’occasion de réaliser que notre connaissance des plans de vols des migrateurs était insuffisante. C’est notamment le cas en Afrique, explique Nicolas Gaidet, chercheur au Cirad, l’institut français de recherche agronomique au service des pays du sud.

Avec ses collègues, ils ont équipé 45 oiseaux d’une petite balise Argos afin de suivre leur itinéraire par satellite.

Pour cette campagne africaine financée par la FAO, trois espèces ont été sélectionnées. La sarcelle d’été, l’oiseau hivernant le plus abondant sur le continent noir, permet de suivre un périple à travers l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Le canard casqué, lui, ne sort pas d’Afrique mais parcourt de longues distances d’un pays à un autre. Enfin le dendrocygne, le canard africain le plus abondant, se déplace localement en fonction des ressources en eau.

Les oiseaux ont été capturés en trois points stratégiques :

le nord du Nigeria, où le H5N1 s’est installé depuis plus d’un an, le delta intérieur du fleuve Niger, au Mali, qui est le plus gros site d’hivernage des canards, et le Malawi, pour évaluer les migrations régionales.

Etablir les cartes précises des itinéraires des trois espèces d’oiseaux permettra de mieux prévoir le risque de dissémination du H5N1 en Afrique.

En 2006, aucun oiseau sauvage en bonne santé porteur du H5N1 n’a été identifié en Afrique, malgré la campagne de surveillance menée sous l’égide de la FAO. Une seconde campagne est en cours dans 17 pays, explique Nicolas Gaidet. Elle s’achèvera début avril.

Aux prélèvements fécaux traditionnels, les chercheurs de la Cirad et leurs collègues de Wetland International ont ajouté des prélèvements dans la trachée.

Pour l’instant, les chercheurs n’ont toujours pas trouvé en Afrique de canard sauvage porteur sain du virus qui montrerait que les oiseaux peuvent transporter le H5N1 d’un continent à l’autre.

Les échanges commerciaux serait à l’origine du premier foyer de H5N1 dans un élevage industriel du Nigeria.

Les seuls canards en bonne santé porteurs du H5N1 ont été repérés en janvier 2005 dans le Nord-Est de la Chine, précise Nicolas Gaidet.

Six canards porteurs sains sur un échantillon de 4.600 oiseaux qui continuent de faire peser le doute sur le rôle des oiseaux migrateurs dans la dissémination du virus asiatique de la grippe aviaire.

Cécile Dumas pour
nouvelobs.com

Note: Une telle opération avait déjà été effectuée et concernait des cygnes traversant l' Eurasie, c'était en septembre 2006.

Publié dans H5N1 EN AFRIQUE

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rnee 20/03/2007 18:24

Alors là, c'est quand même une chose de lire ceci: Le commerce est le vecteur principal de transmission du virus, quoi qu'on en dise.....Les oiseaux ne sont que les porteurs du virus. Il faut aussi revenir à des races locales ce qui va diminuer le nombre de maladie et l'incidence de ces virus. En gros, on supprime la rentabilité par la qualité mais là, forcemment, y' a du travail.....Merci de votre action quotidienne.

crunch 20/03/2007 10:24

Environ 1 cas pour 1000 c'est quand même beaucoup non ?

jo 20/03/2007 09:02

Excellent article que je me permets de recopier en partie pour mon blog, avec un lien sur le tien.Jo