Grippe aviaire: Epizootie ou panzootie ?

Publié le par ryback

Note ryback:

Voici un article recueilli par Jean-Yves Nau, pour le journal LE MONDE. Les propos émanent de M. Bernard Vallat, directeur général de l'organisation mondiale de la santé animale.

Monsieur Bernard Vallat

Il semblerait donc que l'épizootie actuelle est en train de faire place à une panzootie. A savoir que le virus H5N1 est présent à l'échelle mondiale et qu'il risque de ce fait d' y rester implanté en y faisant des dommages importants dans les élevages.

Depuis quelques mois, une évolution rapide de la situation caractérisée par la transformation progressive d'une épizootie en panzootie est possible.

Note:

epizootie: L'épizootie est un terme décrivant une épidémie frappant, dans une région plus ou moins vaste, une espèce animale dans son ensemble.

panzootie: Diffusion mondiale ou sur plusieurs continent d'un virus ou d'une maladie.

Les derniers enseignements fournis par les spécialistes ne laissent plus place au doute.

A l'exception de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, qui ne semblent pas concernées par les migrations d'oiseaux aquatiques en provenance de zones infectées, le reste du monde est directement exposé. L'épizootie de grippe aviaire peut diffuser désormais à l'échelon mondial.

Le continent américain ne serait donc pas protégé ?

Différentes pistes permettent de redouter la contamination des oiseaux du continent américain. Cette hypothèse doit impérativement être prise en compte par l'ensemble des responsables des organisations nationales et internationales chargées de cette question sanitaire.


Que sait-on du rôle des oiseaux migrateurs dans la dissémination du virus ?

Toutes les données dont nous disposons sont convergentes : seuls les oiseaux aquatiques sont concernés par ce portage. Les oiseaux "terrestres", comme les passereaux ou les colombidés, ne semblent pas a priori pouvoir être touchés.

Pourquoi ?

Il n'est jamais simple de comprendre pourquoi un agent pathogène qui dispose d'un arsenal génétique donné dispose de tel ou tel spectre de pathogénicité.

Il n'est jamais simple de comprendre pourquoi un agent pathogène qui dispose d'un arsenal génétique donné dispose de tel ou tel spectre de pathogénicité.

Le virus H5N1 a montré qu'il ne pouvait pas infecter le porc et très difficilement les pigeons alors même qu'il pouvait atteindre le tigre et le chat. Si des oiseaux terrestres étaient atteints, nous serions alors dans un contexte nettement plus défavorable et inquiétant. Cela compliquerait notablement les systèmes de confinement des volailles d'élevage que l'on commence à mettre en place et qui visent à prévenir les contacts, directs ou indirects, avec les oiseaux sauvages.


Les professionnels de la filière avicole doivent-ils envisager de vivre durablement avec cette épée de Damoclès virologique ?

Tout le laisse penser.

Le virus est désormais présent en Afrique et, de ce point de vue, nous nous installons dans la durée.

Tant que nous n'aurons pas accumulé des données scientifiques sur le statut virologique des oiseaux aquatiques et migrateurs sauvages, nous aurons du mal à cibler et à hiérarchiser les actions qui doivent être menées.

Note: Nous attendons tous les premiers éléments du projet constanze (article disponible en cliquant)

C'est dire l'urgence qui doit être accordée aux actions scientifiques concernant ces oiseaux, ne serait-ce que pour mieux orienter les politiques de confinement qui pourraient, à l'avenir, être programmées de manière saisonnière plutôt que permanente.


Ces outils de veille épidémiologique n'existent pas aujourd'hui ?

Certains de ces outils existent. En France,
il y a le réseau Sagir qui fait que les chasseurs collaborent avec l'Office national de la chasse et participent à l'analyse des cadavres d'animaux sauvages.

Collecte d'oiseaux par le réseau SAGIR

Mais ces outils n'ont pas été orientés spécifiquement vers le risque de grippe aviaire. L'urgence est donc de les redéployer dans ce sens pour disposer de systèmes d'urgence.


Face à la menace d'une panzootie, pourquoi ne pas recourir au plus vite à la vaccination ?

Cette question est particulièrement importante. Des vaccins inactivés, qui ont fait la preuve de leur efficacité, existent. Mais il faut aussi savoir que la vaccination généralisée impose des contraintes, à commencer par l'immobilisation des oiseaux vaccinés et la nécessité d'une double injection vaccinale, la seconde devant être pratiquée au moins quatre semaines avant la consommation par l'homme de la viande de l'animal.

Plus généralement, et compte tenu de la courte espérance de vie des volailles d'élevage, il importe de prendre en compte les conséquences économiques inhérentes à une telle initiative vaccinale.

La vaccination peut a priori être utile dans les pays les plus touchés, mais il faut aussi savoir que cette même vaccination peut n'être qu'une solution d'ultime recours dans les pays qui ne peuvent plus contrôler la situation par les mesures d'abattage et de confinement des élevages.

J'ajoute que le fait de ne pas vacciner permet d'identifier au plus vite l'émergence de l'épizootie et donc de prendre les mesures sanitaires qui s'imposent.


Est-ce à dire que vous n'étiez pas favorable aux mesures de vaccination décidées par la France et les Pays-Bas ?

Au vu des règles sanitaires internationales de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), je ne peux soutenir ces décisions.

Si j'avais été, comme il y a quelques années, directeur général de l'alimentation au ministère français de l'agriculture, j'aurais tout fait pour qu'une telle décision ne soit pas prise. J'estime que les pays de l'Union européenne auraient pu faire l'économie d'une telle mesure et attendre. Pour autant, je reconnais que des mesures dérogatoires s'imposaient quant à la vaccination des oiseaux des zoos et des parcs ornithologiques.


La vaccination des oiseaux d'élevage peut-elle poser des problèmes à l'exportation ?

Officiellement, ces problèmes ne surviennent que lorsque la vaccination est mise en oeuvre dans les pays dont la faune domestique est touchée. Mais, en pratique, les choses peuvent être différentes.

Source de cet article: lemonde.fr

Merci à monsieur Jean-Yves NAU de ce travail apportant une fois de plus des explications précises sur ce virus et sur ses conséquences futures éventuelles.


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azerty 18/03/2007 15:44

Il me semble avoir lu quelque chose comme cela sur doctissimo.... Mais rien n'indique que ce soit une généralité......Enfin, c'est très ennuyant cette annonce. En effet, nous savons tous que d'un point de vue mathématique, plus il y aura de foyers aviaire et plus il y aura de continent touchés et plus grande sont les chances pour que ce virus soit vraiment très méchant pour nous.....Mais tout cela n'est que théorique, bien évidemment. Merci de vos infos....

. 18/03/2007 15:37

En réalité, on nous annonce que ce virus est devenu endémique au niveau mondial et qu' à force, une pandémie humaine est plus qu'envisageable.....Il n' y a qu'à voir ce qui ce passe actuellement en EGYPTE avec les derniers cas humains où des dégâts importants ont été démontré par les médecins. C'est très inquiétant car ces médecins estiment que le virus est devenu plus violent car il  entraine plus de dégâts sur les tissus humains comme les viscères par exemple.....

moineau 17/03/2007 16:38

Je précise que la déclaration de M. vallat est partiellement inexacte en ce qui concerne le rôle des oiseaux migrateurs dans la propagation du virus dans le monde. certe, ces derniers jouent un rôle important mais nous avons constaté  recemment que le commerce est également un vecteur à prendre en compte. Nous pouvons aussi penser que les derniers cas en RUSSIE autou de MOSCOU peuvent être lié d'une façon ou d'une autre au commerce. La preuve les volailles provenaient d'un marché et peu d'information nous proviennent sur des cas aviaires locaux.

ryback 17/03/2007 19:50

Bonjour.
Tout le monde est d'accord avec cet argument: le commerce est un vecteur du virus et c'est vrai que c'est ce qui s'est passé en GB.