Avis de l' AFSSA dans le cadre de l'apparition du virus H5N1 en Grande-Bretagne.

Publié le par ryback

Nous savons que le foyer survenu en Grande-Bretagne est associé à un virus Influenza H5N1 hautement pathogène dont les données préliminaires de séquençage du gène H5 semblent suggérer qu' il serait identique au virus du cas index hongrois.

Dans une analyse de risque publiée le 24 janvier 2007 suite à la déclaration du cas hongrois, le DEFRA porte l'attention sur la possibilité d'une extension géographique de l'Influenza aviaire et en conclut à une augmentation du risque pour le Royaume-Uni par les migrations d'oiseaux, le commerce et les déplacements de personnes.

Selon ce rapport, il n'y a pas eu d'importation légales de volailles ou de produits à base de volailles en provenance de la Hongrie depuis trois mois. Le risque d'introduction du virus Influenza H5N1 par le commerce légal a donc été estimé négligeable. Selon ce rapport, l'introduction directe du virus par des oiseaux migrateurs en provenance de Hongrie semblait peu probable.

Compte tenu de ces informations, la situation du foyer britannique est très différente de celle du foyer hongrois.

On peut considérer que les hypothèses avancées dans l' avis de l' Afssa2 du 31 janvier 2007 pour expliquer l' introduction du virus dans le foyer hongrois, à savoir les déplacements migratoires ou non de la faune sauvage ou la persistance du virus dans le biotope environnant, apparaissent très peu probables dans ce cas, sans pouvoir être totalement éliminées, en l' absence de résultats issus d' une enquête épidémiologique probablement en cours dans le foyer britannique.

L' origine du virus est plus vraisemblablement à rechercher, compte tenu de la dimension de l' élevage et de sa destination, dans l' introduction d' oiseaux domestiques et/ou de supports passifs (litières, cages, véhicules, mouvements de personnels), comme cela a été classiquement reconnu au cours des épisodes précédents d' Influenza aviaire hautement pathogène en Europe que ce soit aux cours d' échanges licites ou non.

Dans ce contexte, le risque immédiat que représente ce foyer dépend de la capacité des autorités britanniques à le contrôler, puisqu' elle déterminera la possibilité de maîtriser la circulation du virus H5N1 aussi bien chez les oiseaux d' élevage que dans l' avifaune locale (notamment aquatique).

Les experts ont estimé que la probabilité de circulation des oiseaux sauvages entre la Grande-Bretagne et la France était actuellement particulièrement faible.

La contamination de l' avifaune sauvage, associée à de brusques variations climatiques pouvant favoriser des déplacements erratiques non migratoires, constituerait un signal plus préoccupant pour l?évolution de la situation britannique.

Dans ce contexte et compte tenu des informations disponibles le niveau de risque actuel pour la France doit être augmenté de 1b à 2a.

Les nouvelles mesures associées au niveau 2a, en particulier le renforcement de la surveillance active et passive des mortalités d' oiseaux sauvages ainsi que l' interdiction du transport des appelants, d' autant plus que la chasse est fermée depuis le 31 janvier 2007, doivent être rigoureusement mises en oeuvre.


Par ailleurs, il conviendra dans le même état d' esprit, de mettre en oeuvre les mesures de biosécurité et de contrôle des mouvements d' oiseaux domestiques prévues par la réglementation.

En conséquence, d'après les infos de l' afssa sur le document joint, le niveau 2a entraine ce qui suit:

Dès le niveau de risque 2a, certaines mesures doivent être renforcées, en particulier la surveillance active, mais surtout passive, des oiseaux sauvages. En effet, la surveillance passive des mortalités d'oiseaux sauvages a été, au cours de l'année écoulée, le meilleur indicateur de la présence du virus H5N1 HP en France.

En outre, il est proposé, dès ce niveau, d'interdire les courses de pigeons voyageurs avec départ ou survol d'un pays (non voisin de la France) où des cas sont apparus dans la faune sauvage. En pratique, ce cas de figure ne recouvre que les courses de grand fond démarrant ou survolant des pays atteints non voisins de la France.


source: afssa

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gunnar 05/02/2007 21:20

Bonjour, j'ai lu cet avis sur afssa.fr, et reste sceptique. Des mesures, mais simplifiées au renforcement de la vigilance, n'ont aucun sens si elles se limitent à l'hexagone. Nous vivons sur un territoire communautaire et la moindre des choses est d'avoir les mêmes mesures pour les 27 Etats membres. Je ne parle pas des contrôles puisque chaque pays a son propre système. Je note la spécificité que voudrait faire apparaître l'afssa dans son avis qui remarque que l'enquête épidémio anglaise n'est pas bouclée. Pour le sérieux de celle-ci, encore heureux ! Boucler une telle enquête épidémiologique en 48 heures ... Je note aussi que le premier danger de contamination pour un tel élevage reste l'erreur humaine (l'homme qui va d'élevage en élevage, la nourriture, les fientes, la paille...), rappelez vous les soupçons de l'éleveur de l'Ain touché en 2006 par la grippe avaire quelques jours après un voyage presse venu rendre visite à un canard sauvage confirmé porteur du H5N1... Enfin, j'entends déjà ls industriels de l'aviculture française réclamer une cellule de crise, demain ce seront peut être des fonds. Et le Centre d'information des viande de M. Orenga se frotte aussi les mains car il aimerait récupérer la gestion d'une campagne d'information comme en 2006 avec les 4 millions d'euros de dotation exceptionnelle qui vont avec.

ryback 05/02/2007 21:38

Je pense que la vigilance sera effective dans tous les états car l' UE va certainement approfondir la décision. mais oui, vous avez raison, il faut une action europeenne.
Concernant la cellule de crise, personnellement, je n'ai pas d'avis. Mais il faut que tout reste dans les limites du raisonnable......