Le H7N1 est il un virus potentiellement pandémique ?

Publié le par ryback

Le projet a débuté en septembre 2001 par la sélection du virus H7N1 hautement pathogène en tant que virus pandémique potentiel. Ce virus a causé des épidémies létales chez des volailles en Italie en 1999 et est apparenté au virus H7N7 observé chez des volailles aux Pays-Bas.

Comme le virus H7N1 était trop dangereux pour une utilisation directe dans la production standard de vaccins contre la grippe, il a été modifié pour le rendre sûr en utilisant un processus appelé la génétique inverse.

Le virus RD-3 «fabriqué sur mesure» a passé avec succès des tests internationaux de sécurité et est maintenant utilisé par Sanofi Pasteur pour produire un vaccin. Il s’agit du premier vaccin dont la production n’a pas recours à des œufs mais à la technologie de la génétique inverse.

Le risque que le virus H7 devienne une souche grippale pandémique est considéré comme moindre que dans le cas du virus H5N1.

Néanmoins, grâce au progrès technologique auquel ont abouti les travaux de recherche sur le virus H7 dans le cadre du projet FLUPAN, ce projet constituera une précieuse ressource pour la mise au point de futurs vaccins pandémiques.

http://europa.eu.int/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/05/1354&format=HTML&aged=1&language=FR&guiLanguage=fr



Dans l’article Serological Analysis of Serum Samples from Humans Exposed to Avian H7 Influenza Viruses in Italy between 1999 and 2003 [1], paru dans la revue The Journal of Infectious Diseases du mois d’octobre, les chercheurs ont étudié la possibilité d’une transmission à l’homme des virus aviaires influenza A de sous-types H7N1 hautement pathogène, H7N1 faiblement pathogène et H7N3 faiblement pathogène.

Ces virus ont été responsables de plusieurs foyers de grippe aviaire dans des élevages de volaille en Italie de 1999 à 2003.

Des analyses sérologiques ont été réalisées sur les personnes travaillant au contact des volailles pendant l’épizootie pour mesurer la présence des anticorps anti-H7.

Sur les 185 échantillons prélevés, 3,8% étaient séropositifs et tous les individus trouvés séropositifs n’ont été exposés qu’aux virus faiblement pathogènes.

Les résultats de ces recherches montrent l’importance d’une surveillance sérologique chez l’homme et chez l’animal pour mieux comprendre le passage de la barrière des espèces par ce virus.

L’émergence d’une nouvelle souche, capable de provoquer une pandémie, pourrait être le résultat d’un réassortiment entre des souches aviaires et humaines circulant en même temps, pendant des épisodes de grippe aviaire à virus faiblement pathogènes. D’où l’importance de renforcer les systèmes de surveillance non seulement pour les foyers de grippe aviaire à virus hautement pathogènes mais également pour ceux à virus faiblement pathogènes.

http://grippeaviaire.veille.inist.fr/breve.php3?id_breve=131


De faiblement pathogène, le H7N1 a déjà muté une fois en hautement pathogène

En Italie, une épizootie d’influenza aviaire hautement pathogène, qui a pris naisance en décembre 1999, a duré jusqu’en mai 2000.

Entre janvier et mai 2000, 316 foyers ont été enregistrés, principalement en Vénétie et en Lombardie.

Des mesures d’abattage sanitaire, de nettoyage et de désinfection ont été prises.

Une souche faiblement pathogène identifiée comme appartenant au sous-type H7N1 circulait déjà dans le pays depuis le début de mars 1999 dans de nombreux élevages industriels de dindes et de poules pondeuses, dans ces deux régions italiennes. Fin décembre 1999, le même sous-type H7N1 isolé dans un élevage de dindes a été reconnu hautement pathogène, indiquant une mutation du virus.

Les élevages infectés et ceux qui étaient à leur contact ont été détruits. Une campagne d’abattage préventive a par ailleurs été menée dans tous les élevages situés dans les zones où de nombreux foyers avaient été confirmés.

http://www.oie.int/fr/press/f_20000922a.htm



Pourquoi travailler sur un vaccin contre le H7N1 ?
Explication sur l'immunité d'un vaccin H7N1 contre une souche H5N1.

Les vaccins visant les infections par des virus des sous types H5 ont fait l’objet d’études plus
nombreuses en raison de l’épizootie en Pennsylvanie en 1983-1984 et de l’épizootie mexicaine.

Ces vaccins recourent essentiellement à l’utilisation de souches vaccinales du même sous type d’hémagglutinine, à l’exception d’essais anciens relatant l’évaluation expérimentale de la protection clinique conférée par un vaccin de sous type H7N1 vis-à-vis d’une souche d’épreuve hautement pathogène H5N1 A/Chicken/Scotland/59 exploitant ainsi l’immunité croisée induite par la neuraminidase (McNulty et al., 1986) (cependant dans cette étude les critères d’excrétion après épreuve de poulets ainsi vaccinés n’étaient pas envisagés).

http://www.afssa.fr/ftp/basedoc/rapportinfluenza.pdf

Note ryback: En conclusion, on peut penser que ce sous-type viral laisse peser un doute par rapport à son passé. Il a déjà muté, d'après ces infos, en une forme hautement pathogène, au moins une fois. Mais je n'ai rien trouvé d'autre à ce sujet pour le moment.
Par rapport aux vaccins, on peut apprendre que certaines expérimentations visaient plus une immunité par rapport à la neuraminidase (N) que pour l'hémagglutinine (H).
Je vais essayer dans les jours qui viennent de trouver des infos sur ces vaccins et surtout les résultats obtenus.


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. 14/04/2007 10:19

La génétique inverse définit les techniques qui permettent, à partir d'un gène ou d'un fragment d' adn, l'étude des fonctions de ce gène et de ses produits, par opposition à la génétique classique dont le but est de localiser le gène responsable de l'altération d'une fonction ou d'un caractère connus.

etienne 07/05/2006 11:23

Je suis tombé par hasard sur ton blog, j'y reviendrai