Les vecteurs de l'influenza aviaire.

Publié le par ryback

Influenza aviaire : Les deux vecteurs de la maladie

S’exprimant dans le cadre d’un colloque «grippe aviaire» Philippe Vannier, le directeur de la santé animale de l’Afssa –– a souligné la difficulté à lutter contre la diffusion de la maladie à l’échelle de la planète en raison de l’effet cumulatif de migrations animales et des activités humaines.

Le cas turc


«Les oiseaux migrateurs importent le virus mais la diffusion au sein d’un pays n’a pas forcément de lien avec eux»
 explique-t-il, citant le cas turc.

 En Turquie, la diffusion de la maladie a été extrêmement rapide du fait du commerce de volailles sur l’axe routier Istanbul-Ankara-Anatolie, explique le responsable de l’Afssa. Les éleveurs d’Anatolie, région très pauvre de l’Est de la Turquie, achètent en effet des volailles de réforme à très bas prix, donnant lieu à un important flux commercial de camions. L’extrême pauvreté des populations et les contacts quotidiens avec les volatiles dans les basses-cours ont fait le reste.
«Les oiseaux migrateurs n’ont joué aucun rôle à ce niveau-là»
 affirme Philippe Vannier.

Les foyers détectés le long du chemin de fer transsibérien, et de manière totalement décalée par rapport aux mouvements des oiseaux migrateurs, ne laissent aucun doute sur le rôle des échanges commerciaux dans la diffusion du virus.

Petits élevages asiatiques

En Asie, par contre, ce n’est pas le commerce qui est en cause. Le virus a touché l’homme en raison du fort mélange des espèces (oies, canards, poules...) et de la forte densité des élevages de canards, indique Philippe Vannier.

L’importance des marchés urbains où se vendent énormément de volailles vivantes est un facteur de risque aggravant.
«La plupart des foyers en Asie sont liés aux petits élevages, dans des structures non organisées, sans mesure de biosécurité et sans organisation de la commerciali-
sation»
ajoute le directeur de la santé animale de l’Afssa.

«Et je le dis sans idéologie aucune»
précise-t-il, en faisant allusion aux discours qui voient dans la lutte contre la grippe avaire un affrontement caché entre «élevages industriels» et «élevages familiaux».

En Thaïlande comme en Turquie, les grands élevages industriels ont été peu ou pas atteints, indique le responsable scientifique.

Note ryback: L'hypothèse des voies de communications était déjà prise en compte dans le blog par un article du 06/11/05 (lien ici).

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bernard 01/04/2006 23:14

Il faut sans doute faire la distinction entre la propagation du virus et sa création hautement pathogène et là, les énormes élevages asiatiques offraient au virus la possibilité de circuler très rapidement d'un animal à un autre identique et ce des milliers de fois, ce qui constitue une extraordinaire opportunité de mutation.Le H5N1 HP a très bien pu apparaître ainsi dans un très grand élevage pour ensuite se propager grâce oiseaux sauvages, aux petits élevages et aux marchés de volailles.