L'aquaculture et la propagation de la grippe aviaire, le chainon manquant de la contamination des oiseaux sauvages ?

Publié le par ryback

L'aquaculture est-elle impliquée dans la propagation de la peste aviaire ?

En début d'année, l'organisation Birdlife est la première à poser la question. L'association d'ornithologues basée à Londres estime notamment que la pisciculture associée à l'élevage de la volaille et du porc (ou aquaculture intégrée) peut présenter un risque sanitaire.

Dans ce type d'exploitation, généralement de taille moyenne, les fientes et les lisiers sont utilisés pour "fertiliser" l'eau douce où les poissons sont élevés. Or le guano d'un animal porteur du H5N1 est particulièrement infectieux. Et les particules virales peuvent demeurer actives plusieurs jours dans une eau à température moyenne - jusqu'à plusieurs semaines dans une eau à quelques degrés. Le virus peut alors se diffuser dans l'environnement et atteindre les oiseaux sauvages.

"Ces pratiques, nées en Chine méridionale, sont ancestrales : le premier texte traitant de ce type d'aquaculture remonte à 473 avant J.-C.", explique Jérôme Lazard, chef de l'unité de recherche sur l'aquaculture au Centre international de recherche pour l'agronomie et le développement (Cirad). Bien qu'aujourd'hui fortement concurrencées par la pisciculture intensive - poissons élevés en cage et nourris par des aliments industriels -, ces exploitations demeurent très répandues en Asie du Sud-Est, précisément dans la région où est apparu le virus H5N1. En outre, selon M. Lazard,
"la fertilisation des étangs de pisciculture grâce au guano et au lisier est également très répandue en Europe orientale".


FUMIER SOUS SURVEILLANCE

Existe-t-il un lien entre ces pratiques aquacoles et la propagation régionale de l'épizootie ?

 "La règle est la surveillance, dit encore Joseph Domenech, chef des services vétérinaires de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Dès qu'une zone est touchée, il faut enlever les canards de ces systèmes (d'aquaculture intégrée). Tout cela relève des procédures normales." Selon Samuel Jutzi, directeur de la santé et de la production animale à la FAO, "une voie de transmission du virus à la faune sauvage par ce biais n'est pas exclue". Mais, ajoute-t-il, "il n'existe pas encore d'études sur ce point particulier".

La FAO recommande, sur son site Internet:
"de ne pas utiliser (les fientes et les fumiers de volaille) dans l'alimentation animale dans les pays touchés par la grippe aviaire ou risquant de l'être. (...) Dans tous les cas, les déjections et le fumier de volaille doivent être soumis à un contrôle rigoureux. (...) Il faut empêcher toute fuite vers les cours d'eau."


Depuis une quinzaine d'années, la FAO et plusieurs organismes de coopération Nord-Sud soutiennent pourtant ce type de pratiques et tendent à les transférer en Afrique. Elles sont, rappelle M. Lazard, "le moyen le moins coûteux de production de protéines animales" et peuvent constituer "un élément essentiel de sécurité alimentaire".

L'aquaculture associée à l'élevage des porcs et des volailles a fait l'objet d'autres critiques, plus anciennes. Dans un article publié en janvier 1988 par la revue Nature, deux chercheurs mettaient en garde contre le développement de ces pratiques dans un article intitulé "Aquaculture et pandémie d'influenza". Selon eux, c'est surtout le rapprochement des espèces porcine et aviaire au sein d'une même exploitation qui présente un risque. Celui de voir des virus aviaires se transmettre et s'adapter au porc pour, ensuite, passer facilement à l'homme. Mais, là encore, aucune certitude n'est de mise, pour cause de manque de données.

Note ryback: Voici une information qui mérite une lecture attentive. La contamination des espèces migratrices risque d'être plus compréhensible .......

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Caroline 28/06/2007 14:18

bonjour,
je sais que l'article date mais je faisais des recherches sur la veille sanitaire dans le milieu aquacole et je suis tombée sur cet article.
J'ai une question qui peut sembler idiote mais je ne comprend pas bien comment sont utilisés les fientes et notament le guano dans l'aquaculture.
d'avance merci
caroline

ryback 28/06/2007 17:23

Bonjour.
La veille sanitaire dans le milieu aquacole ? Par rapport à quoi comme maladie ?
Bon, enfin, pour essayer de répondre à votre intérrogation: Voilà ce que l'on peut dire en restant assez simple pour tout le monde:
Dans certains cas, il faut enrichir son eau douce pour augmenter les résultats de son ou ses élevages. L'un des moyens les moins chers est de creer du compost animal et une fois prêt de le déposer dans l'eau pour améliorer le rendement. ce compost peut se composer de diverses choses dont des déjections de mouton, de chèvre, de vache, de porc, de poule ou de canard.
L'étude publiée à l'époque fait état d'un risque de transfert d'un virus influenza de fientes d'un animal infecté vers un étang où d'autres oiseaux (migrateurs par exemple) peuvent venir à leur tour être contaminer......
Voilà.
Une petite source ici:
http://www.fao.org/docrep/t0581f/T0581F09.htm