L' OMS surveille internet pour avoir une avance sur l'étude de tout cas pouvant déboucher sur un foyer de H5N1 grace au programme GPHIN.

Publié le par ryback

Depuis que la grippe aviaire est au cœur de l'Europe, en Afrique et en Inde, sa progression en en constante évolution.

Au sous-sol de l'OMS à Genève, les experts de la grippe aviaire sont réunis dans ce qu'on appelle ici la « Shoc room ». Des écrans un peu partout, des cartes électroniques, l'OMS s'est dotée de systèmes high tech pour suivre l'épidémie pas à pas.

Le nouveau terrain de chasse de l'OMS : internet.

Objectif : traquer tout ce qui est publié sur le web à propos de la grippe aviaire.

Ce système de surveillance appelé GPHIN chasse les rumeurs en sept langues grâce à des mots-clés. Ses puissants moteurs de recherche balayent le web à la manière de Google. Journaux en ligne, blogs, sites médicaux, tout y passe. Quelques mots en chinois sur un oiseau mort, l'information se retrouve en quelques secondes sur l'écran du Dr Chaieb. « Vu la situation actuelle, toute rumeur de grippe aviaire n'importe où dans le monde est vérifiée, explique Dr Amina Chaieb-Benyahia, épidémiologiste à l'OMS. Nous en discutons avec nos experts ici et eux-mêmes entrent en contact avec les gens sur place par email ou par téléphone pour essayer de vérifier le plus rapidement possible si cette rumeur est justifiée ou non. »

A l'OMS, douze personnes travaillent exclusivement à la vérification des rumeurs de grippe aviaire sur internet. Ici on les appelle des officiers de surveillance. Trois autres personnes se consacrent au reste des épidémies : choléra, méningite, chikungunya. Chaque jour, des milliers de cas suspects à vérifier. Même les régions les plus reculées ont de l'information sur le net. « Cela paraît difficile à croire mais paradoxalement il est possible d'obtenir des informations d'endroits reculés, explique Dr Isabelle Nuttall du programme d'alerte et réponse de l'OMS. Par exemple en ce moment nous travaillons à la vérification d'une rumeur de contamination par un virus de la grippe aviaire d'un cygne en Bulgarie. C'est une nouvelle rapportée par un journal régional en ligne, qui montre bien que l'information circule sur internet. Reste à la chercher de façon systématique en utilisant des mots-clés. »

Une chose est sûre : internet donne l'alerte plus rapidement que les gouvernements. A l'OMS, la moitié des alertes aux épidémies proviennent de rumeurs sur le web. Ce fût le cas de la pneumonie atypique. 16 mars 2003, le journal de la TSR parle pour la première fois du SRAS. Mais l'OMS est en alerte depuis trois mois, grâce a son logiciel de surveillance. Il repère sur internet un rapport chinois à propos d'une flambée de grippe dans le sud de la Chine. Silence total des autorités chinoises, mais les rumeurs se multiplient sur internet. L'OMS donne les premières alertes sans savoir à quelle maladie elle a affaire. Il faudra deux mois pour que la Chine annonce officiellement l'épidémie. Au même moment, un médecin chinois se rend à Hong Kong pour un mariage. Au neuvième étage de l'hôtel Métropole, il va contaminer seize personnes, dont une hôtesse de l'air qui s'envole pour Singapour, un homme d'affaires qui part au Vietnam et une touriste qui rentre au Canada. L'OMS donne l'alerte mondiale. Une fois de plus, les gouvernements ont caché trop longtemps l'information, craignant pour l'économie et le tourisme. Internet pourrait changer la donne et encourager la transparence. « La problématique est intéressante dans la mesure où l'information circule, où tout se sait aujourd'hui, explique Dr Isabelle Nuttall du programme d'alerte et réponse de l'OMS. Les gouvernements réalisent les uns après les autres qu'il n'y a aucun intérêt à cacher l'information car tout finit par se savoir et le pays risque d'être montré du doigt, non pas par l'OMS mais par les pays voisins et les médias. En jouant la transparence avec l'OMS, tout le monde y gagne». Reste que la Chine n'a encore fourni aucun échantillon du virus de la grippe aviaire à l'OMS. Echantillons nécessaires à la fabrication des vaccins, qui sont pour l'instant élaborés à partir du virus circulant au Vietnam.

source:  http://www.nouvo.ch/96-1

Poursuivant la recherche sur cette information, sur le site de l' OMS nous découvrons une explication plus appronfondie sur ce thème:

Surveillance mondiale des maladies infectieuses

L'un des principaux moyens de faire face aux dangers des maladies transmissibles dans les pays industrialisés et les pays en développement est de mettre en place de solides systèmes de surveillance. Toutefois, étant donné les écarts entre les systèmes nationaux de surveillance, la création de partenariats pour une surveillance mondiale s'impose comme le point de départ logique d'une action commune dans ce domaine.

De plus, améliorer la détection et la surveillance des maladies infectieuses aiderait à mieux cerner les priorités de santé publique.

L'un des principaux moyens mis en oeuvre par OMS pour créer un système mondial de surveillance a été la mise en place d'un "réseau des réseaux" qui regroupe les réseaux de laboratoires et de centres médicaux existant au niveau local, régional, national et international en un super réseau de surveillance. Ce réseau est en train d'être construit avec les 191 Etats Membres de l'OMS et d'autres partenaires, dont le groupe spécial Union européenne - Etats-Unis sur les maladies transmissibles émergentes et le programme d'action commun Etats-Unis - Japon. Le Réseau a également été cité comme un domaine de collaboration par les pays membres du G-7/G-8 lors des Sommets de Lyon (1996) et de Denver (1997). Les mesures à prendre pour la surveillance de l'utilisation intentionnelle de microorganismes pathogènes ont également été étudiées par le Réseau, plus spécialement à l'occasion de la révision du Règlement sanitaire international (RSI), en collaboration avec le Groupe spécial d'Etats parties à la Convention sur les Armes biologiques.

Les Etats et des centres universitaires d'excellence spécialisés dans les maladies transmissibles, par exemple les US Centers for Disease Control, le UK Public Health Laboratory Service, les Instituts Pasteur français, le réseau mondial des écoles de santé publique et le réseau de formation en épidémiologie et d'intervention en santé publique (TEPHINET) fournissent des rapports sur les cas confirmés de maladies transmissibles. La plupart de ces sites font ou feront partie du réseau des Centres collaborateurs de l'OMS. Avec les Bureaux régionaux de l'OMS, les représentants de l'OMS dans les pays et d'autres sites de notification de l'OMS et de l'ONUSIDA, ce réseau contribue aux activités de surveillance mondiale parallèlement aux réseaux de notification d'autres organismes des Nations Unies comme le HCR et l'UNICEF. Enfin, des réseaux militaires internationaux comme le US Department of Defense Global Emerging Infections System (DoD-GEIS), des dispensaires privés, des scientifiques et des praticiens de santé publique complètent le réseau des sources officielles d'information.

Ces réseaux comportent des lacunes géographiques et de population, et des carences techniques qui demandent à être corrigées. Comme la plupart d'entre eux relèvent du secteur public, il faudrait qu'ils se dotent des moyens de s'associer au secteur privé ainsi qu'à d'autres sources d'information valables, tels les laboratoires militaires et les laboratoires de recherche. Il faudrait qu'ils s'occupent aussi bien des infections humaines que des infections animales et qu'ils communiquent des informations sur la résistance aux antimicrobiens et sur l'environnement, y compris l'eau, les insectes vecteurs et les réservoirs animaux.

Sources informelles d'information

Le développement fulgurant de la portée des télécommunications, des médias et de l'accès à Internet a favorisé l'avènement d'une société de l'information au sein de laquelle les professionnels de la santé publique communiquent plus efficacement. De nombreux groupes comprenant des professionnels de la santé, des organisations non gouvernementales et le grand public ont maintenant accès aux rapports sur les flambées de maladies et sont à même de concurrencer les autorités nationales de la surveillance des maladies, autrefois seules détentrices de ces informations. Des sites publics sur Internet sont consacrés à l'information sur les maladies; parmi eux figurent des sites liés à la médecine et à la biologie ainsi que ceux des principales agences de la presse écrite et parlée. Un exemple en est ProMed, site Internet de discussion sur l'apparition de cas de maladies transmissibles.

Ces sites de discussions électroniques, accessibles gratuitement et sans restriction, constituent de précieuses sources d'information. Ils peuvent être de portée mondiale (ProMed, TravelMed), régionale (PACNET dans la région Pacifique) ou nationale (SentiWeb en France). Ils témoignent des possibilités sans précédent qui s'offrent de sensibiliser le public aux questions de santé publique.

Le réseau mondial d'information en santé publique (GPHIN) est un système de surveillance électronique de deuxième génération mis au point et géré par Santé Canada. Il dispose de puissants moteurs de recherche qui balayent le Web à la recherche de notifications de cas et de syndromes de maladies transmissibles dans des groupes de discussions électroniques, des flashes d'information et ailleurs sur le Web. Le GPHIN, qui a commencé à chercher en anglais et en français, s'étendra à toutes les langues officielles de l'Organisation mondiale de la Santé avec laquelle il a noué des liens étroits pour la vérification de ses informations.

Parallèlement au programme de surveillance, des plans nationaux et mondiaux de lutte systématique sont établis pour faire face à la pandémie suivante de grippe. Le système de surveillance et les éléments du plan mondial de lutte contre la pandémie ont été mis à l'épreuve lors de la poussée du virus de la grippe aviaire A (H5N1) survenue chez des sujets humains à Hong Kong à la fin de 1997. L'identification rapide de la souche virale dans l'un des laboratoires collaborateurs aux Pays Bas suivie par la mobilisation et la coordination d'une équipe d'investigation des centres collaborateurs de l'OMS aux Etats-Unis, des études épidémiologiques et de laboratoire approfondies, la diffusion immédiate d'informations au public, la mise au point de nécessaires d'épreuves diagnostiques destinés à être distribués à l'échelle internationale et l'identification d'une lignée virale appropriée pour la mise au point d'un vaccin, autant d'éléments qui ont contribué à la mise en place d'une action opportune, ordonnée et efficace contre cette poussée. source complète

quelques recherches rapides sur internet:
GPHIN [1], un système de détection de rumeurs et d’actualité du Web pouvant être des signes précurseurs de nouvelles épidémies ou d’attaques bioterroristes et travaillant 24h/24 et 7j/7, vient de se voir enrichir d’une capacité multilingue « d’écoute ».

Développé par l’agence de santé publique canadienne, il est contrôlé par le Centre fédéral de préparation aux urgences d’Ottawa (ou en anglais CEPR pour Center for Emergency Preparedness and Response).

L’algorithme de détection des nouveaux posts des blogs d’actualités et articles des sites Internet analyse et détecte sur 6 langues : français, espagnol, russe, chinois, arabe et anglais.

Il est intéressant de noter que plus de 30% des rumeurs de pathologies pourchassées par l’OMS ont été reconnues par le GPHIN.

autre définition en français: le RMISP (Réseau Mondial d'Intelligence Santé Publique ou GPHIN)


* Qu'est-ce que le Réseau mondial d'information en santé publique (RMISP)?
* À quels types de surveillance le RMISP procède-t-il?
* Quels sont les avantages du RMISP?
* Quels sont les utilisateurs du RMISP?
* Quel système d'exploitation le RMISP nécessite-t-il?
* Y a-t-il des frais d'inscription au RMISP?
* Qui gère le RMISP?

Qu'est-ce que le Réseau mondial d'information en santé publique (RMISP)?

Le RMISP est un système Internet protégé « d'alerte rapide » qui reçoit des rapports préliminaires de santé publique en temps réel, 24 heures par jour, sept jours par semaine, en sept langues.

Ce système multilingue unique reçoit et diffuse des informations pertinentes sur des éclosions de maladies et d'autres événements liés à la santé publique en surveillant les sources médiatiques mondiales, comme les fils de presse et les sites Web. L'information est filtrée en fonction de sa pertinence par un processus automatisé, puis elle est analysée par les responsables du RMISP de l'Agence de santé publique du Canada (ASPC). Les informations sont ensuite classées et rendues disponibles aux usagers. Des avis sur des événements pouvant avoir de graves répercussions sur la santé publique sont immédiatement transmis aux usagers.

À quels types de surveillance le RMISP procède-t-il?

Le réseau a une large portée. Il suit des informations pertinentes sur des événements comme les éclosions de maladies, les maladies infectieuses, la contamination des aliments ou de l'eau, le bioterrorisme, l'exposition aux produits chimiques et radio-nucléaires, les désastres naturels, et les questions concernant la sécurité des produits, des médicaments et des instruments médicaux.

Quels sont les avantages du RMISP?

Le RMISP est un outil précieux qui fournit l'information nécessaires à des organisations pour mieux réagir aux nouveaux risques pour la santé dans le monde.

Le réseau est un instrument d'alerte rapide efficace et peu coûteux permettant de s'informer sur les menaces à la santé publique d'ordre chimique, biologique, radiologique et nucléaire à l'échelle mondiale, y compris les nouvelles maladies infectieuses.

Le RMISP peut rapidement parcourir les sources médiatiques du monde entier, y compris les distributeurs de nouvelles et les sites Web, et présenter des renseignements organisés et pertinents en temps réel, 24 heures par jour, sept jours par semaine, permettant ainsi aux organisations de réagir rapidement à des menaces potentielles pour la santé.


Aperçu général:

* alerte rapide relativement aux éclosions de maladies et à d'autres problèmes de santé publique;
* capacité de suivre l'évolution de problèmes de santé publique aux niveaux national et international;
* analyse en temps réel, 24 heures par jour, sept jours par semaine, des sources médiatiques provenant de six continents (Asie, Afrique, Australie, Europe, Amérique du Nord, Amérique du Sud);
* technologie de pointe;
* fonction d'alerte automatique pour avertir les utilisateurs de l'apparition de problèmes de santé publique;
* fonction de recherche automatique pour repérer rapidement les rapports pertinents;
* système adaptable aux besoins des utilisateurs;
* méthode rentable d'effectuer la surveillance de la santé publique qui peut servir de complément à d'autres activités de surveillance.

Quels sont les utilisateurs du RMISP?

Parmi les principaux utilisateurs du réseau, mentionnons des organisations non gouvernementales et des services gouvernementaux responsables de la santé publique à travers le monde. Le RMISP est utilisée par la communauté mondiale de la santé publique pour minimiser les menaces à la santé en fournissant les informations requises pour élaborer une gestion appropriée des risques, ainsi que des mesures de surveillance et de prévention.

Quel système d'exploitation le RMISP nécessite-t-il?

Le RMISP est une application Web Microsoft /Java compatible avec les fonctions des navigateurs Internet Explorer 6.0 (ou une version plus récente) ou Netscape 6.2 (ou une version plus récente). Les utilisateurs n'ont pas à s'inquiéter de la compatibilité avec leur système d'exploitation.

Note ryback: Bel outil de recherches en temps reel !

Publié dans Divers

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gerard44 18/03/2006 11:26

Bravo pour cette publication qui explique bien des choses ! Finalement l'OMS obtient par des voies détournées ce que les Gouvernements devraient lui communiquer sans délais... Elle a bien raison d'avoir constitué une équipe de "voraces" à l'affût de ce qui se murmure sur la toile... Reste à savoir dans quelle mesure elle pourra obliger les responsables à communiquer sur le sujet et surtout à faire procéder aux vérifications... (je pressens des déblocages de crédits spécifiques pour les coûts des analyses... Même en France nous n'avons plus les moyens !). Nous vivons une bien drôle d'époque.

ZOUZOU 18/03/2006 00:16

La question qui se pose concerne la rétention de l'information !!!
il suffit de regarder les cartes de l'oms pour voir le décalage déplorable entre ce que l'on sait et ce qu'ils publient sur cette carte !