PRECAUTIONS A PRENDRE POUR MANIPULER OU COLLECTER DES OISEAUX SAUVAGES

Publié le par ryback

En raison du risque que représente l'Influenza aviaire (qualifiée dans les media de grippe aviaire)
pour les élevages de volailles, il est nécessaire de prendre des précautions lors de la manipulation
d'oiseaux sauvages vivants ou morts. Il faut en effet éviter les risques de manu-portage ou de
transport mécanique, vers un élevage, du virus pouvant se trouver sur le cadavre de l'animal,
notamment lorsqu'il est souillé par des fientes contaminées.

Par ailleurs, ces précautions doivent également prévenir tout risque de contamination de la
personne appelée à manipuler ces oiseaux sauvages.

Il est important de bien différencier les risques liés à la manipulation d'un oiseau lorsqu'il est vivant
ou mort ; en effet, un oiseau mort ne génère aucun aérosol susceptible de contaminer la personne qui le manipule. (Curieux car il me semble bien qu'en TURQUIE, on a parlé de contact avec des oiseaux morts comme source d'infection de certains cas)

En revanche, un oiseau vivant en se débattant ou en respirant, génère un grand nombre d'aérosols qui, si l'animal est infecté par le virus H5N1, peut présenter un danger pour le manipulateur. Les précautions à prendre dépendent de cette analyse du risque.


1) Précautions à prendre pour la manipulation d'oiseaux sauvages vivants
La manipulation des oiseaux sauvages vivants doit être faite par une personne compétente :
Direction Départementale des Services Vétérinaires (DDSV), Office National de la Chasse et de la
Faune Sauvage (ONCFS), Muséum National d?Histoire Naturelle (MNHN), Fédération
départementale de la Chasse, Service Départemental d?Incendie et de Secours (SDIS)

Compte tenu du danger inconnu, il est nécessaire de prendre des précautions pour le manipulateur.

Il est recommandé de porter une combinaison jetable, ou une blouse ou un ciré facile à laver, des
bottes lorsque l'on intervient en milieu humide ou des surchaussures en plastique à usage unique
en dehors de zones humides.
Le port de lunettes de protection en plexiglas et de masque FFP2 est nécessaire. Le port d'une
paire de gants en latex est indispensable, éventuellement doublé d'un gant intérieur recouvrant plus
largement le bras.
Le matériel à usage unique sera jeté, tandis que les autres matériels seront nettoyés et désinfectés
après manipulation.
Il convient de se laver soigneusement les mains (eau + savon) après la fin des opérations.

2) Précautions à prendre pour la collecte d'oiseaux sauvages morts

Deux situations de collecte doivent être distinguées :

En zone rurale :
- si seuls quelques oiseaux sont retrouvés morts (1 à 4) dans un rayon de quelques
centaines de mètres (en pratique 500 m), cette situation ne doit pas être considérée
comme anormale et il est préférable de les laisser sur place ou, si possible, de les enterrer
sans les toucher à mains nues ; (Je ne comprends pas ce raisonnement: 4 oiseaux même porteurs H5N1, pas grave mais 5 c'est différent ?)


- s'il s'agit d'un plus grand nombre d'oiseaux (à partir de 5), où s'il s'agit d'un cygne, il faut
prévenir les services publics qui se chargeront de les ramasser : Direction Départementale
des Services Vétérinaires (DDSV), Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage
(ONCFS), Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN), Fédération départementale de la
Chasse, Service Départemental d'Incendie et de Secours (SDIS)

En Zone urbaine :

- Il faut prévenir les services de voirie municipale qui ramasseront les oiseaux morts.

Les précautions à prendre sont les suivantes :

Pour la collecte des oiseaux morts, le port d'une paire de gants en latex ou de gants à usage
unique est indispensable. Il est également recommandé de porter une blouse jetable ou un
vêtement facile à laver après les opérations. Le port de lunettes de protection, de masque facial et
de surchaussures n'est pas recommandé.
Le matériel à usage unique sera jeté, tandis que les autres matériels seront nettoyés et désinfectés
après manipulation.

Il convient de se laver soigneusement les mains (eau + savon) après la fin des opérations.

Les oiseaux collectés doivent être placés dans un sac en plastique étanche et fermé hermétiquement, qui doit être placé dans un second sac en plastique également fermé, pour éviter toute souillure à partir du premier sac éventuellement souillé.

Selon les instructions de la Direction Générale de l'Alimentation (DGAL) en vigueur, quand la
mortalité peut être considérée comme anormale (à partir de 5 oiseaux retrouvés morts au même
moment dans un rayon de quelques centaines de mètres, en pratique 500 m), les oiseaux morts
doivent être transportés vers le laboratoire départemental vétérinaire le plus proche, après en avoir
averti la Direction Départementale des Services Vétérinaires.

Dans le cas contraire, les oiseaux pourront être enterrés, ou dirigés vers l'équarrissage, et les sacs
ayant servi à leur transport pourront être déposés en déchetterie de manière à ce qu'ils soient
incinérés.

Note ryback: je sais bien que la mort d'un oiseau est une chose courante, mais ce système me parait un peu dangereux par rapport aux conséquences suivantes: Si ces oiseaux sont porteurs du virus et qu'aucun test n'est effectué, on va ignorer tout simplement de petits cas aviaires dans certains départements et il faudra encore un gros cas pour agir. Bien sur, avec toutes les conséquences que nous pouvons voir actuellement.

source

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ryback 26/02/2006 14:05

Je suis aller voir sur les deux références.
Sur le site du ministère de l'agriculture, ici = http://agriculture.maapar1.agriculture.gouv.fr/spip/IMG/pdf/fiche_decouverte_d_un_oiseau_mort.pdf
On y parle toujours d'informer les services que vous avez nommé plus haut  mais à partir de 5 oiseaux. Et c'est vraiment ce qui me gène. Mais, je ne suis pas virologue, je pense que ces éléments ont été pesés et pris en fonction d'avis de personnes compétentes, donc il n'y a probablement rien à craindre.
Ryback.

bernard 26/02/2006 13:43

Ryback, les infos que vous donnez viennent de l'Afssa et j'ai aussi trouvé ceci sur son site qui ne dit pas exactement la même chose et renvoie au ministère de l'Agriculture :
http://www.afssa.fr/Object.asp?IdObj=33950
En toute circonstance, toute personne qui voit ou trouve un oiseau mort, ne doit pas y toucher.Elle doit en informer, en précisant le lieu et, si possible, l'espèce : -  la fédération départementale des chasseurs concernée ; -  ou les services départementaux de l'office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) ; -  ou les services vétérinaires de la préfecture du département concerné (DDSV).En effet, il existe un réseau organisé de surveillance des pathologies de la faune sauvage (le réseau SAGIR), qui dispose de personnes formées pour récupérer les animaux morts et faire procéder aux analyses de laboratoire utiles.
Une autopsie est réalisée par le Laboratoire vétérinaire départemental. Si l'autopsie ne permet pas d'établir une cause évidente de la mortalité (mort naturelle, accident, empoisonnement, électrocution sur une ligne électrique, présence de plomb de chasse dans les oiseaux….), le Directeur départemental des services vétérinaires décide de procéder à une investigation complémentaire portant sur l'Influenza aviaire. Le laboratoire vétérinaire départemental réalise alors sur les oiseaux morts des prélèvements qui sont envoyés systématiquement vers un laboratoire agréé pour les recherches virales dans un délai de 48 heures maximum.
Ces dispositions concernent toute espèce d'oiseau sauvage.
Source: ministère de l'agriculture (citée par l'Afssa)http://www.agriculture.gouv.fr/spip/actualites_a5370.html

ryback 26/02/2006 09:16

Entièrement d'accord - Je pense aussi qu'il va falloir vivre avec ce virus plus longtemps qu'on le pense, en Roumanie, En turquie: malgré le temps qui passe, nous avons encore des foyers aviaires qui apparaissent (le virus est dans l'environnement ?).
Concernant la gestion des oiseaux morts, je comprends bien que les services concernés ne pourront effectuer une présence systématique mais je trouve quand même dommage cette impossibilité. Il est clair que l'on va ignorer par manque de personnels certains foyers.
 

bernard 25/02/2006 22:18

Oui, c'est vrai qu'en ne faisant intervenir les services vétérinaires qu'à partir de 5 oiseaux groupés il y a un risque de laisser passer des cas. Mais est-il possible de mobiliser les services pour chaque oiseau? Si chacun téléphone la gestion deviendra impossible.Le premier oiseau trouvé dans l'Ain faisait partie d'un groupe de 7 : "sept anatidés sauvages ont été trouvés morts le 13 février 2006 à Joyeux." selon le rapport à l'OIE.En Allemagne," quatre cygnes (trois Cygnus olor et un Cygnus cygnus) ont été trouvés morts le 8 février 2006 à Wiek dans le nord de l'île de Rügen (mer Baltique).  Le virus H5N1 de l'influenza aviaire a été diagnostiqué chez deux cygnes" selon le rapport allemand.Comme cette affaire ne fait que commencer et risque fort de durer des années et des années, il va sans doute falloir apprendre à vivre avec et à gérer nous-mêmes les oiseaux morts quand ils seront peu nombreux,  en  apprenant à prendre les  précautions indispensables pour les détruire en toute sécurité sans analyse préalable.On s'est focalisé sur la pandémie humaine mais le possible peut très bien être une panzootie aviaire de très longue durée sans pandémie humaine et seulement quelques cas sporadiques. Quoiqu'il en sera, la pandémie ne nous dispenserait pas de prendre le problème animal mondial à bras le corps. Les migrateurs ignorent les frontières et pourraient nous obliger à faire de même pour vaincre cette crise mondiale. Le H5N1 est un extraordinaire révélateur des faiblesses des uns et des autres :  de la Chine qui  dissimulait  à l'Europe qui prépare la pandémie mais n'est pas en mesure d'aider le Nigéria...qui nous enverra bientôt l'addition portée par ses migrateurs...